Oui, j’écoute

11 09 2014

– Bonjour, je me suis proposé porte parole pour ton intervention, parce qu’on croit vraiment que tu devrais faire attention à toi, sinon faire attention à nous. J’ai réuni quelques gens que tu connais, ou qu’en fait eux te connaissent peut-être même mieux que toi même, en passant, c’est moi qui vais diriger ton intervention, c’est moi le Cerveau de l’organisation.

Cerveau: T’as juste à t’assoir là, et tu écoutes, compris?

Moi: J’écoute!

Cerveau: Bon alors, qui veut commencer, je vais me garder pour la fin, le meilleur pour la fin comme ils disent.

Tout le monde parle en même temps, c’est un vrai chaos.

Cerveau: D’accord du calme, toi, tu commences, je pense que t’en as gros sur le coeur!

Un autre: Très drôle, mais je crois que j’en ai plus sur le foie, Scarecrow, je suis ton foie.

Je me contente de garder le silence.

Foie: Bon, par où je commence… LÂCHE-MOI UN PEU, non, mais tu trouveras pas ça drôle si c’est moi qui te lâche, je travaille trop souvent en surtemps et j’ai l’impression de ne jamais prendre de vacances. Et je n’appelle pas des vacances le fait de me donner deux semaines pour tout digérer ce que j’avais en retard là, une vraie pose, un travail léger, sinon je tombe en burn-out, tu vas la trouver moins drôle. J’ai beau t’envoyer de petits signes, j’ai même été obligé de demander au cerveau de venir me donner un coup de main, mais je sais qu’il n’aime pas ça te laisser sur le pilote automatique bien longtemps, en plus tu ne te souviens de rien quand t’es sur le pilote automatique. Faut voir, moi tu m’as déjà usé à une cadence effroyable, j’ai probablement fait le travail d’une vie en la moitié d’une vie. Pense à toi un peu, pense à moi au mieux.

Cerveau: Bon tout ça est bien vrai, mais je crois qu’on est plusieurs à passer alors je vais donner la parole à ton voisin.

Estomac: Moi je n’ai pas vraiment rien à dire, j’ai juste vu le tout passé, c’est toujours trop vite pour moi, pis c’est pas vraiment ma job, j’ai bien beau essayer, mais il y a des affaires que je digère pas. Déjà que je me tape la job des gras, moi ce n’est pas compliqué, si ça rentre trop en même temps, c’est toi qui écope, une couche de plus, j’ai juste l’impression qu’au rythme où tu vas, tu risques de plus avoir de place, quoi que c’est élastique cette peau-là.

Peau: Faut bien croire que j’ai le dos large, mais en essayant de contenir les allergies au pollen, pis les montées d’eczémas dus au stress du manque de vacances, je peux être partout à la fois, mais je peux pas géré, alors les nerfs, laissez-moi faire ma job.

Nerfs: Heu, j’aimerais ça qu’on ne nous implique pas là-dedans SVP, moi je ne suis pas trop contre le fait dû petit verre de fin de soirée pour nous relaxer un peu. Vrai qu’il est du pour des vacances, on dirait que ça pète de partout…

Son sourd: hmmmpf hmmpf

Cerveau: Tu peux te lever un peu?

Fesse: Laissez-nous en dehors de ça, fait chier!

Nerfs: Bon, Bon, c’est correct. On ne rentrera pas dans un cercle vicieux!

Pénis: On parle de moi? On parle de moi maintenant? Ce n’est pas ma faute si le cerveau pense toujours à ça, c’est lui qui me dirige, qu’il se calme et je me calme!

Cerveau: OK on n’est pas venu ici pour parler de moi là!

Pénis: Oh non on n’est pas venu!

Cerveau: C’est ce que je disais, alors les nerfs t’as fini?

Nerfs: Moi j’aimerais ça que tu te calmes et je pense que si tu travailles les muscles, tu risques de trouver un bon terrain d’entente pour tout le monde.

Muscle: Moi j’attends rien que ça, regarde avant hier, 10 km, ça ne t’as pas tué, loin de là.

Moi: Ouais je sais.

Poumon: Nous aussi on a besoin d’air, on ne te demande pas le marathon, juste de nous sortir de temps en temps, on est tanné de rester en dedans.

Cerveau: Bon, qui est-ce qui pleure maintenant?

Coeur: C’est moi, j’ai juste trop mal, j’ai l’impression de ne servir à rien.

Poumon: Mais la course ne vient pas me dire que ça ne t’a rien fait, je t’ai entendu tout le long!

Coeur: T’as raison, j’ai besoin de ça, mais j’ai aussi besoin que le cerveau arrête un peu, c’est bien beau tout tenter de contrôler, mais c’est quand même lui qui donne les ordres, pis on réactionne en chaine tout un chacun quand il se met à penser à elle.

Cerveau: Bon c’est encore de ma faute, c’est quand même moi qui ai organisé s’t’affaire là!

Coeur: Oui, mais ça m’a tout l’air que t’es le grand responsable en fin de compte.

Pénis: Moi je ne cracherai pas sur cette idée-là.

Foie: T’en profites peut-être pour venir te reposer avec moi une fois que t’as lancé le coude en l’air à quelques reprises.

Cerveau: …

Coeur: Bon le voilà sur silence, monsieur contrôle tout mon cul oui!

Fesse: hmmpf hmmpf…

Coeur: C’est moi qui parle, vos gueules! Si t’arrêtais de penser un peu à elle, ça ferait peut-être du bien à tout le monde! Va donc commander aux muscles de courir un peu! Fait d’autre chose, elle ne disparaitra pas, elle sait que tu l’aimes, le reste, je crois que tu peux plus ne rien faire avec ça. Laisse allez, je sais que ça va faire mal un peu au départ, mais je te garantie que c’est pas mal moi qui vais manger le coup, je ne suis pas à ma première fois. Arrête de te trouver mille défaites pour garder tout me monde immobile, je pense que c’est assez là.
Oeil: Ça m’émeut toujours quand tu parles de même Coeur, je ne suis pas capable de me retenir, je m’excuse d’avance aux joues.

Coeur: Si tu commandais aux jambes comme tu le fais aux mains, je crois qu’on serait un sacré athlète!

Cerveau: Ok… Vous avez raison, je crois… Je vais y penser!

Tous: NOOOOON ARRÊTE D’Y PENSER! VA COURIR!! Sinon c’est nous qui arrêtons!

 

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